
Au Moyen-Age, alors que les Mistères fleurissaient sur les parvis des cathédrales, les techniques d'illusionnisme étaient utilisées pour une mise en scène originale illustrant les scènes chrétiennes.
Il en fut de même par la suite, des fêtes de Louis XIV aux réceptions de Fouquet, où les spectacles utilisaient des principes magiques.
De tout temps, les illusionnistes ont eu un temps d'avance sur le peuple (moldu comme dirait Harry Potter) concernant certaines techniques. La magie surprenait, par l'usage de l'électricité alors qu'elle apparaissait à peine, par exemple. Robert Houdin fut aussi un précurseur, et son temps d'avance fit la gloire de ses soirées.
Il s'avère qu'à l'heure actuelle, le magicien lambda (je ne parle pas des grands, mais de ceux qui font florès sur le territoire) a non plus un temps d'avance, mais un sacré temps de retard, le tout illustré par des décors kitschissimes des années 80, et des boîtes qui à mon sens n'ont plus rien de magique, pour couper des femmes en deux, en trois, en cinq... Ces boites fleurissent sur les scènes et on peut ainsi retrouver des clones magiques un peu partout. Le spectateur, où qu'il soit, aura le droit à une tranlucube, une malle des indes, une table volante ou une tête aux sabres.
Plutôt que de s'appuyer sur les bases et les principes de l'illusionnisme, le magicien lambda préférera le prêt-à-présenter vendu par les marchands, mettant l'originalité et la personnalité au fond d'une quêteuse.